Ramzi : Pèze-Piton

 

La montréalaise Phoebé Guillemot aka RAMZi poursuit son œuvre mixologique totale. Shaker tropical, dub d’outre-tombe, plumes dans le goudron et danses de St Guy : cet énigmatique Pèze-Piton peut faire songer à un pendant féminin du dernier Black Zone Myth Chant, ce qui n’est pas un mince compliment. Space is the place comme disait le poète, recommandé.

BCG – Participe Passé : France 1981 ​/ ​1991

 

Toutes mes confuses, je sais, on vous dérange entre les huitres et la photo de ciel postée sur Instagram après le marché de Granville, mais cette compilation clôture l’année en beauté (rouillée). Une dizaine d’années après le premier volume, Poutre Apparente et Caméléon Records se chargent de déterrer la production cassette française qui n’a pas de nom, un participe passé qui s’accorde on ne peut mieux avec notre présent. Juste l’envie d’en découdre et de produire le plus beau boucan possible. Idéal pour l’apéro ce soir avec les cotillons, les réflexions fuseront, quoi de mieux que relancer le débat sur le « rock en France » avec Gérard et Michel en bout de table ?! Tous mes vœux.

Clark Gable : Law & Order (K7, Scum Yr Earth)

 

Un drôle de bonhomme à chapeau vous susurre « Clark Gable » à l’oreille, s’ensuivent des souvenirs de l’ORTF, des synthés antédiluviens, un son qui gratte, une voix qui hante, un Suicide acoustique, un blues du delta (plane) qui s’ignore. Vu et entendu au Non Scum Festival en avril dernier (assurément le raout de l’année pour la déviance sonique et picturale) Clark Gable sortait de nulle part et foudroyait l’assistance avec ses collages de metteur en scène sonore. Law & Order est surtout une sacrée cassette éprise de liberté, qui fait partie de la dernière salve de sorties Scum Yr Earth : une avalanche de bruit blanc pour effrayer le voisin, du dub pour la dinde ou encore du clavecin maboule. Il y en a peu, comme d’habitude, très recommandé donc.

Nina Harker (K7, Le Syndicat des Scorpions)

 

Deux plages de rêverie ensorcelante, une poésie gothique, bancale, comme des échos de Nino Rota en tongs avec son petit synthé Casio, un bouquin d’Edgar Allan Poe non loin, avec une bougie pour seul espoir. Cette cassette de Nina Harker est une de ces tentatives de liberté musicale féconde, où les chemins de traverse font loi. Une sensibilité présente, toute Comeladienne, qui fait mouche. Des croassements, des cris d’oiseaux ou des aboiements couplés à quelques notes d’un piano désaccordé émeuvent ici au plus haut point. Il n’en reste plus beaucoup, l’objet est splendide : fatalement recommandé.