Catégorie: Ghetto house

Container LP, 2018 (Spectrum Spools)

 

En attendant les vacances, la bossa-nova et les cigales, on se fait un petit décrassage auditif avec le nouvel album de Container, toujours pareil, toujours parfait. Dans notre besace cette semaine également, le cool album de Cienfuegos, la nouvelle cassette de Calcutta Désert, MB Jones, le dernier Mutant Beat Dance entre autres. Il faut au moins ça pour oublier le sport national…

Rezzett LP (The Trilogy Tapes)

 

Un bel exemple d’album techno exécuté la tête enfouie dans la poussière et les pédales d’effet. Toujours spontanée, quasiment fraiche et printanière dans l’approche, cette techno musique de nerd devrait enchanter les foules au delà du cercle restreint des adorateurs de The Trilogy Tapes. Illustration parfaite avec ce titre d’ouverture où quelques larmes mêlées de transpiration font toute la différence, sale mais émouvant.

Ramzi : Pèze-Piton

 

La montréalaise Phoebé Guillemot aka RAMZi poursuit son œuvre mixologique totale. Shaker tropical, dub d’outre-tombe, plumes dans le goudron et danses de St Guy : cet énigmatique Pèze-Piton peut faire songer à un pendant féminin du dernier Black Zone Myth Chant, ce qui n’est pas un mince compliment. Space is the place comme disait le poète, recommandé.

Krikor Kouchian : Pacific Alley (L.I.E.S Records)

 

Non loin d’un disque cité par Patrick Bateman chez Bret Easton Ellis, le Pacific Alley de Krikor Kouchian démarre comme un coupé-sport qui vous embarque vers un ailleurs qui ne figure sur aucune carte. Les nappes défilent, la route déroule entre les néons du Thief de Michael Mann et les larmes tatouées d’un gang latino. Les filles portent un bandana sur la figure quand les mecs s’occupent d’un proto-funk du ghetto qui n’existe pas encore. Un album plan-séquence, un disque de voyage assurément, on songe à une descente de Paul Hertzog après une orgie de boogie-funk. On danse peut-être mais la rêverie s’impose régulièrement. Probablement grâce à la mélancolie de ces synthés qui puisent dans un héritage vidéo-club non dissimulé. Le sourire aux lèvres à 130 km/h les images arrivent en rafale à mesure que le disque avance vers un déluge de beats au découpage chaloupé, sensible et efficace. On sent la sueur et la castagne, le poulet frit et l’amour partagé dans un motel cheap, le ghetto-blaster non loin, on se dirige vers cette poésie, aux improbables mélodies accouchées sur un tapis électronique rutilant. Jerry Bruckheimer qui atterrit chez L.I.E.S, c’est plutôt une bonne nouvelle.