Catégorie: Ghetto house

Krikor Kouchian : Pacific Alley (L.I.E.S Records)

 

Non loin d’un disque cité par Patrick Bateman chez Bret Easton Ellis, le Pacific Alley de Krikor Kouchian démarre comme un coupé-sport qui vous embarque vers un ailleurs qui ne figure sur aucune carte. Les nappes défilent, la route déroule entre les néons du Thief de Michael Mann et les larmes tatouées d’un gang latino. Les filles portent un bandana sur la figure quand les mecs s’occupent d’un proto-funk du ghetto qui n’existe pas encore. Un album plan-séquence, un disque de voyage assurément, on songe à une descente de Paul Hertzog après une orgie de boogie-funk. On danse peut-être mais la rêverie s’impose régulièrement. Probablement grâce à la mélancolie de ces synthés qui puisent dans un héritage vidéo-club non dissimulé. Le sourire aux lèvres à 130 km/h les images arrivent en rafale à mesure que le disque avance vers un déluge de beats au découpage chaloupé, sensible et efficace. On sent la sueur et la castagne, le poulet frit et l’amour partagé dans un motel cheap, le ghetto-blaster non loin, on se dirige vers cette poésie, aux improbables mélodies accouchées sur un tapis électronique rutilant. Jerry Bruckheimer qui atterrit chez L.I.E.S, c’est plutôt une bonne nouvelle.

 

 

Garrett (Dam-Funk) : Private Life

 

Le voilà le disque de l’été que tu n’attendais pas, le truc qui arrive un peu par surprise mais réceptionné avec joie. Garrett (pseudo pourri donc parfait) et sa vie privée à L.A, arrive comme l’album apéritif idéal pour tout aoûtien qui se respecte. Derrière cette pochette Music From Memory, aucun blanc-bec batave en claquettes-chaussettes Fila mais le grand Dam Funk qui déroule ici sa science du cruising sonore, comme une lente dérive synthétique où toute la moelle mélodico-mélancolique du producteur californien se retrouve dans cette cool collection d’instrumentaux. Indéniablement, le disque parfait pour la voiture entre la plage et Cora. En attendant le prochain Krikor, à la rentrée, qui lui aussi se pose là comme nourriture essentielle pour l’autoradio.

Charles Manier : Luxus Steroid Abamita (2017)

 

Notre bon plan week-end post-canicule. Après l’orgie de brumisateurs, de boules vanille-fraise et de bossa-nova, on ressort son pull St James et on fait la gueule en écoutant Coil. On n’est pas bien là avec Charles Manier, détendu du synthé, au calme à la maison entre une boîte de mouchoirs et du paracétamol?!

Eric Lou Root : Don’t Worry (1987)

 

Attention reggae bancal, on est mal. En fait non, au contraire, Don’t worry ou une superbe dinguerie leftfield mal fichue, attachante et pétée du casque. Idéal pour l’apéritif avec des olives au THC, avant d’aller faire un tour au Non_Scum Festival et fêter ensuite les cinq ans d’Antinote à La Station.