Donald Ray Pollock : Une Mort Qui En Vaut La Peine

81indsfyvtl

 

« Je peux te poser une question ? demanda-t-il.
– Ouais, quoi ?
– Si une de ces putes dont tu parles vaut deux ou trois dollars, combien coûte un bon jambon, à ton avis ?
– Oh, à peu près pareil, je pense. Y doit pas y avoir une grosse différence entre une pute et un jambon.
– Bon, dans ce cas, on pourrait en acheter combien avec l’argent qu’on a ?
– Oh, je sais pas. Une centaine, peut-être.
– Mazette ! s’exclama Cob. Ça fait beaucoup.
– Ouais, y faudrait un jour ou deux pour toutes les baiser.
– Non, je veux dire : ça fait beaucoup de jambons, hein ?
– Putain oui, t’as raison ! convint Chimney en éclatant de rire. Merde, si tu devais bouffer tous ces jambons, tu te transformerais sans doute toi-même en cochon.
– Oh, ça m’irait bien, dit Cob. Ils ne font rien d’autre que rester vautrés toute la journée dans la boue avec quelqu’un qui leur apporte du fourrage et de la pâtée. Bigre, qu’est-ce qu’on pourrait bien vouloir de plus, dans la vie ? »

Suite à la claque absolue du « Diable Tout Le Temps », Donald Ray Pollock revient en librairie avec la traduction de son second roman « The Heavenly Table ». Western alcoolisé à la prose raffinée, roman noir aux pieds dans la boue, l’Amérique vandalisée de Pollock se lit toujours avec jubilation.

 

Donald Ray Pollock / Une mort qui en vaut la peine, Albin Michel, 2016.

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