Hadrien Klent : La Grande Panne

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« Que faire ? Avoir peur ou en rire ? Croire à une catastrophe, au début d’actions terroristes de plus en plus paralysantes ? Ou à une simple suspension du temps, comme l’éruption du volcan Eyjafjöll en Islande en 2010, avec son cortège de vols annulés et, un peu partout en Europe, des voyageurs obligés de redécouvrir la patience. L’attente. La lenteur.

Nathanaël essaie de conceptualiser ce qui se passe. De faire en sorte que ces informations qu’il entend depuis trois jours deviennent des éléments tangibles, pas juste des notions qui se précipitent pour entrer dans son oreille mais qui, le temps d’arriver à son cerveau, semblent ne plus être dans le champ de la réalité. L’explosion de la mine de graphite en Italie, qui vendredi n’était qu’une anecdote, et puis ce nuage de cendres de graphite qui se déplace lentement et qui, lorsqu’il croise des lignes à haute tension, s’enflamme brutalement. Samedi soir, c’est l’ouverture des journaux télévisés. Et dimanche on ne parle plus que de ça : les incendies dans le sud de l’Italie, les premiers morts depuis l’explosion, morts à cause des incendies subits provoqués par le graphite en suspension, effet flash, comme des grenades inflammables lancées en l’air – et le gouvernement italien qui décide, en urgence, de couper le courant dans tout le pays. Et le nuage qui avance, lentement, mais sûrement, vers la France. »

Extrait de La Grande Panne, dernier roman d’Hadrien Klent, paru chez Le Tripode, 2016.

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