Antoine Volodine : Songes de Mevlido

songes

Songes de Mevlido, Antoine Volodine. Éditions du Seuil, 2007.

– Ce ne sont pas ces animaux-là qui nous posent problème, dit Deeplane.

– Les hominidés ? dit Mevlido.

– Oui, confirma Deeplane. Ceux-là, oui. En dépit de la révolution mondiale, ils sont descendus à un niveau de barbarie et d’idiotie qui étonne même les spécialistes. C’est devenu une espèce inexplicable. Ils sortent de plusieurs guerres d’extermination, mais déjà un nouveau conflit est en vue. Des continents entiers sont à présent inhabitables. Ceux qui ont survécu restent organisés socialement, mais ils ne croient plus ni à eux-mêmes ni à la société. Ils ont hérité de systèmes politiques dont ils ont perdu les clés, pour eux l’idéologie est une prière vide de sens. Les classes dirigeantes se sont gangstérisées, les pauvres obéissent.

(…)

– Et si on continuait à les laisser dégénérer tranquillement, sans intervenir ? suggéra Mevlido. Deeplane hocha la tête. Oui, l’humanité était une espèce détestable qui avait systématiquement trahi tous les espoirs qu’on avait placés en elle. »

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