Dezsö Kosztolányi : Cinéma Muet avec Battements de Cœur

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kosztolanyi  « … Permets-moi donc de te le dire, en toute confidence, ton comportement n’était pas du meilleur goût. Pour te l’avouer, c’était même, mon ami, d’un goût plutôt mauvais, tout comme ta glace salée aux larmes. Tout autre est ton devoir. Toi, ta situation est privilégiée, et c’est le contentement que tu dois partout professer, toi, afin qu’en nous dont la vie est plus dure, tu puisses maintenir, même en ces temps amers qui sont les nôtres, la foi et la confiance. Elles sont à toi, les perles du champagne, il est à toi, le bleu de la mer, à toi le rire des filles, à toi l’hiver les roses de l’Italie, à toi l’été les neiges de la Norvège. Ne désire pas en plus la détresse des pauvres. C’est trop d’avidité. Ne pleure pas tant sur eux. C’est pure indécence. Ne leur confisque pas leur plainte. C’est un abus de pouvoir. Fie-toi à eux, ils ne manqueront pas de se plaindre eux-mêmes, s’ils en voient la nécessité. N’oublie pas cet autre principe, celui de la division du travail. Reste modestement dans tes limites. Continue à n’être qu’heureux, vigoureux, puissant, souris-nous et donne-nous à tous la sérénité. C’est là, mon ami, ta seule vocation… »

Dezsö Kosztolányi, Lettre, p.64. Éditions Cambourakis.

 

 

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