Harry Crews : Des Mules Et Des Hommes

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« Ce qui m’a d’abord fasciné dans le catalogue Sears, c’est que tous les gens dedans étaient parfaits. Pratiquement tous ceux que je connaissais il leur manquait quelque chose, un doigt en moins, un orteil fendu, une oreille à moitié mordue, un œil laiteux à cause d’une agrafe qui a giclé pendant la réparation d’un poteau de clôture. (…)
Jeune comme j’étais, pourtant, je savais depuis longtemps que c’était tout des menteries. Je savais que sous les habits fantaisie fallait bien qu’il y ait des cicatrices, fallait bien qu’il y ait des bosses et des furoncles d’une manière ou d’une autre parce qu’il n’y avait pas moyen de vivre autrement en ce monde. Et plus encore, je ne sais pas exactement quand j’ai décidé ça, mais tous les gens dans le catalogue étaient liés, pas nécessairement par le sang, mais ils se connaissaient et parce qu’ils se connaissaient il devait bien y avoir du ressentiment et des disputes entre eux de temps à autre, de la violence et de la haine en plus de l’amour. Et c’est de savoir ça qui m’a fait commencer à inventer des histoires sur les gens que je trouvais dans le livre.  »

Traduction Philippe Garnier.

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