Kurt Vonnegut : Le Petit Déjeuner des Champions

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« Quand Dwayne Hoover et Kilgore Trout se rencontrèrent,
leur pays était de loin le plus riche et le plus puissant de la
planète. Ce pays possédait l’essentiel de la nourriture, des
minerais et des machines, et il tenait les autres pays sous sa
coupe en menaçant de leur envoyer de grosses roquettes, ou
de leur larguer diverses choses de leurs avions.
La plupart des autres pays possédaient que dalle. Nombre
d’entre eux n’étaient même plus habitables. Trop de gens et
pas assez de place. Ils avaient vendu tout ce qui avait de la
valeur, il ne restait plus rien à manger, et pourtant ces gens
passaient encore leur temps à baiser.
Baiser, c’est comme ça qu’on faisait les bébés.
Nombre d’habitants de la planète abîmée étaient des
communistes. Ils avaient une théorie selon laquelle tout ce
qui restait de la planète devait être partagé plus ou moins
équitablement entre ses habitants qui, après tout, n’avaient
jamais demandé à vivre sur une planète abîmée. Pendant ce
temps, les bébés affluaient – gigotant, criant, réclamant du
lait à tue-tête.

Dans certains endroits, les gens en venaient à manger
de la boue ou à sucer des cailloux tandis qu’à quelques pas
naissaient d’autres bébés.
Et ainsi de suite.
Le pays de Dwayne Hoover et de Kilgore Trout, où l’on
ne manquait encore de rien, s’opposait au communisme.
L’idée était que les terriens riches n’avaient pas à partager
quoi que ce soit s’ils n’en avaient pas envie, et la plupart n’en
avaient pas envie.
Alors ils n’y étaient pas obligés. »

 

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