La Mverte : Interview

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Vous avez peut-être aperçu l’élégant Alexandre Berly a.k.a La Mverte, aux côtés de Yan Wagner sur scène, le voici qui sort son premier maxi chez HMS (David Shaw & The Beat, S.R Krebs, etc.) et on adore ça. La faute au riff de guitare de Through the circles d’une part et à l’ambiance tubesque de l’ensemble. Le beat qui donne Shaw.

Through The Circles qui vient de paraitre semble assez anglais dans ses fondations, avec ce mélange de dark disco et d’indie dance, quels sont les artistes qui ont inconsciemment forgé le son de ton premier disque ?

En gros j’ai grandi entre des parents divorcés, avec une mère qui écoutait du disco, de la Motown, des trucs comme ça et un père versé dans la new wave, le post-punk, du coup j’ai une double éducation à ce niveau là. Mais à partir du moment où j’ai commencé à m’intéresser à la musique par moi même j’ai poursuivi cette voie en écoutant plein de trucs. C’est drôle que tu dises «anglais» car c’est pas forcément vrai, je dirais presque la scène espagnole tu vois (rires) : un groupe comme Todo Todo, que je place en très haute estime pourrait être une influence majeure si on voulait, pas forcément les disques mais ce que ça dégage dans sa globalité. Après les anglais forcément, le travail de Weatherall, Primal Scream, Depeche Mode, New Order mais si ce dernier n’a pas eu vraiment d’impact. En fait j’ai toujours aimé cet esprit, les trucs de Gang of Four, jusqu’à Blanc Mange. Après récemment j’ai adoré Padded Cell sur DC Recordings, un groupe qui m’a vachement marqué : déjà leur son était super et en plus j’adorais ce côté « vingt mille idées dans chaque morceau » , c’est très fort. Un morceau comme Moon Menace par exemple, que j’écoute souvent, et dont la ligne de basse est un sample, enfin ils ont rejoué la ligne de basse d’un groupe italo qui s’appelle Lime. J’aime bien ces ambiances, non loin des Asphodells, avec basse disco, guitares rock dégueulasses plaquées dessus, hyper bien, enfin j’aime beaucoup ce genre de choses.

Tu es signé sur HMS, le label de David Shaw, pourquoi lui, quand, comment et pourquoi?

On s’est rencontré en février 2013 à Joué Les Tours, lui jouait en live avec son projet David Shaw and The Beat et j’accompagnais Yan Wagner sur scène, on a sympathisé ce soir là et on s’est très vite bien entendu, on a raconté des conneries sur tout le monde! Fatalement je lui parle de quelques morceaux qui trainaient chez moi et il m’a convaincu de lui envoyer ces démos. Je me suis enfermé une semaine dans feu la maison de campagne de ma mère et je lui ai envoyé le tout. Il a simplement aimé le truc et ça s’est fait comme ça. On a surtout pas mal d’influences, de références en commun, avec la même idée de la musique, la même exigence je pense aussi. Ca ne pouvait que coller. Il est clair que ce n’est pas le label le plus énorme qui soit mais j’en ai strictement rien à foutre, nous sommes une petite famille où l’on prend tous soin les uns, les autres.  Oui après je me sens super bien avec eux donc ce n’est pas dans mes plans de sortir des disques ailleurs, sauf peut-être pour une collaboration un jour…

Avec David, on ne réfléchit pas beaucoup à la musique, on y va, j’ai une carrière moins développée que la sienne mais depuis que je fais de la musique j’ai toujours fait ce que j’ai voulu, sans me dire, y’a plein de producteurs qui pensent comme ça, tiens aujourd’hui je vais plutôt prendre cette direction musicale, ça marche bien en ce moment, non, on ne raisonne pas comme ça. On fait ce qu’on aime, puis même en faisant des dj-sets, tes goûts évoluent, t’écoutes plein de trucs : l’impact est inévitable. Je ne me dis pas que je vais jouer du breakbeat demain car c’est tendance, et j’arrête le disco…Non non. En plus depuis internet tout ça s’amplifie et ne veut pas dire grand chose. Regarde, on peut parler de ce truc, la new rave. C’est arrivé comme ça ça, pendant six mois t’avais les Klaxons et les médias «Ouah chanmé la musique du troisième millénaire». En fait c’était du rock pour internet, avec des glowsticks, et on met des pulls avec des chevaux. Ce qui était assez con car le glowstick c’était au raver de base..

Sur la pochette du EP on te voit au pied d’un bac de disques vinyles, c’est une pratique encore régulière chez toi le digging et la brocante ?

Acheter des vinyles je le fais encore toutes les semaines, en brocante, un peu moins mais oui. Par goût de l’objet d’une part, pour le contact, et puis enfin, ça pourrait être pris pour de la fainéantise mais j’aime bien cette idée de sélection déjà faite, avec des disques que tu connais, d’autres pas… ça me fait royalement chier de checker tout Beatport pendant des heures, c’est pas sexy quoi. En revanche je consulte régulièrement les sites de Kristina en Angleterre, Public Possession ou encore Phonica, mais après je vais chez le disquaire L’International, ou Bimbo Tower à Paris. Je commande rarement sur le net sauf exceptions.. Pour ce qui est des brocantes ou encore des puces, les prix me rebutent souvent, après je connais plein de diggers comme Quentin du label Antinote ou Benjamin Vidal qui ont la culture, le flair, et surtout eux se lèvent le matin (rires) pour choper des disques, ce que je ne fais pas forcément ! Quentin me racontait que ça lui arrive des fois d’aller directement aux Puces ou ailleurs en sortant de dj-set, selon le genre de soirée ça peut vite devenir compliqué… Aller chez le disquaire reste une sortie plaisir aussi, on discute, et puis c’est bien pour les dj-sets, y’a plein de nouveaux labels, ça entretient ce coté passeur qui me va bien.

Tu as sorti un track en collaboration avec Hugo Capablanca, de quelle manière est né ce duo ?

La rencontre s’est faite via Andrew d’Acid Washed, on avait une soirée régulière chez Moune, où à cette époque il y avait un certain budget pour faire venir des étrangers, de fil en aiguille on a fait plein de soirées entre Paris et Berlin, et fatalement quand on se voyait on essayait de faire un peu de musique. Par exemple le morceau qu’on a fait pour Cómeme, j’étais en galère à Berlin, je finis par dormir chez Hugo qui me propose de passer au studio de Matias Aguayo. On a acheté à boire, et en une soirée on a fait deux morceaux! Le nom La Mverte vient de là d’ailleurs, on était proche d’un cimetière…
Je sais pas si on peut parler de communauté d’esprit avec tous les acteurs de cette scène, on est tous éclatés géographiquement mais on s’échange des mails et quand on se voit, même si c’est deux fois par an, c’est comme si on s’était quitté la veille. On marche aux coups de coeur, aux rencontres et aux envies qui en découlent sans trop réfléchir.

Quelques disques excitants selon toi en ce début d’année ?

Un disque que j’écoute souvent en ce moment c’est un obscur pressage à 100 exemplaires d’un groupe nommé Cha Cha Guitry, que j’ai trouvé à L’International il y a peu… Le projet doit sortir prochainement chez Born Bad, je ne sais pas si on peut déjà le dire, sinon j’écoute toujours Blancmange, Cabaret Voltaire toujours, pas mal d’italo aussi,  sinon plus club le label Emotional Especial que je suis de prés, Steve Summers, Cage & Aviary, le dernier EP de Red Axes est bien aussi. Il y a quelques morceaux que je joue régulièrement comme certaines sorties Cómeme mais en général j’aime bien ne pas me répéter et chercher ailleurs en permanence. Ça me parait toujours désuet quand on fait des charts RA ou Beatport avec juste dix tracks, c’est tellement réducteur, ça me fait penser à ces djs sans relief qui balancent un tunnel monolithique, comme dans les festivals techno, je me sens à mille lieux de ça.

 

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