Tim Paris : Interview

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Dancers de Tim Paris sort cette semaine : un disque de rock qui n’en est pas un, mais un album passionnant, qui comme le rappelait Odot aujourd’hui sur The Drone avait de quoi faire fuir, cette foutue lubie de producteur qui veut son album électro crossover bourré de guests pour combler un déficit de crédibilité quand on fait plop-plop en pyjama sur Ableton..  Il n’en est rien ici et Tim Paris a réussi un disque simple, direct, qui touche au cœur. Nous l’avons rencontré à Paris il y a peu, juste avant de prendre l’Eurostar. Merci à lui.

Dancers est ton premier album, tu possèdes déjà une belle expérience dans la musique, pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour passer au long format ?

D’abord parce que j’avais besoin de rencontrer des gens avec qui le faire, j’ai toujours eu envie de faire un album, ça fait un peu peur parce que c’est beaucoup de travail, je suis quelqu’un qui passe beaucoup de temps sur les morceaux, trois ou quatre semaines pour un track ou un remix, alors je me disais qu’un LP entier c’est impossible ! Donc il fallait que je trouve la confiance pour le faire, et surtout, d’ailleurs c’est ce que le titre veut dire, il s’adresse aux gens, aux danseurs, donc il allait de soi de collaborer avec d’autres personnes, avec un label derrière qui croit en moi.. Je ne me voyais pas porter tout ce projet tout seul, je n’ai pas un ego suffisamment gonflé pour assumer ça! Le monde entier n’attend pas un album de Tim Paris! Je n’arrive pas à m’y résoudre mais si un label vient me voir et qui me plait beaucoup alors oui. En fait c’est au Sonar 2012 où je devais mixer que My Favorit Robot Records m’a demandé un album, c’est un label que j’aimais bien, que je suivais déjà, avec une super vision, ils ont porté le projet et ça me convenait parfaitement.

Qu’as tu cherché à explorer en produisant cet album, après avoir sorti pas mal de maxis et de remixes ?

L’idée c’était de faire coexister pas mal de styles différents sur le disque, comme je voulais le faire assez rapidement et comme je le disais je passe pas mal de temps sur ma musique, je souhaitais garder les premières intentions. L’idée c’était surtout que Dancers soit un instantané de ce que je produis en 2013, de ce qui m’entoure, de ce que j’aime en ce moment. C’est une photo de ce que j’ai fait, un album fait en une année, de façon instinctive…

Le disque est globalement électronique, as tu joué de certains instruments dessus du coup ?

Oui je fais tout ! Il y a juste un morceau avec des arrangements du compositeur Rupert Cross, et une ligne de guitare signée Cosmo Vitelli, je tiens à le préciser! Sinon je fais tout, les guitares, les basses, il n’y a pas de vraies batteries, et j’ai chanté d’ailleurs aussi, en plus des guests. Les invités sur le disque sont plutôt des envies, ils ont répondu présent et ont joué le jeu jusqu’au bout, en comprenant la démarche. Généralement j’aime bien faire travailler les artistes à contre emploi, les faire sortir de leur cadre, comme avec Coco Solid de Parallel Dance Ensemble, une fille avec un flow incroyable, très hip-hop bien sûr mais je la voyais parfaitement dans un truc new wave, 80, et du coup ça a très bien fonctionné, tout le disque s’est un peu fait comme ça.

Ce disque possède une touche rock bienvenue, que t’inspires le rock n’ roll en 2013, et qu’est-ce qui sort du lot à tes yeux ?

Ça ne m’inspire pas grand chose je t’avoue car ce n’est pas une musique que je suis, ce n’est pas trop mon univers curieusement. C’est vrai qu’il y a plein de gens qui m’abordent en me disant que Dancers est un concentré de post-punk, avec ce feeling là, rock, punk… Ce n’est pas une influence directe, je crois plutôt que c’est dans la façon de faire, c’est plutôt le côté instinctif je pense qui se dégage du disque, je n’ai pas fait de lignes mélodiques compliquées, rock n’roll dans l’esprit donc. Je m’y intéresse depuis peu en fait au « rock ». Qu’est ce que j’aime ? Les Suuns par exemple, c’est très bien, Arcade Fire que j’ai écouté pas mal pendant l’enregistrement, la new wave aussi, et puis je travaille avec Ivan, qui m’a fait découvrir pas mal de choses en ce sens depuis quelques années.

Où en est le projet It’s A Fine Line du coup, le duo que tu formes avec Ivan Smagghe ?

Et bien d’ici peu va sortir le remix de Suuns chez Turbo, sinon on travaille sur un album depuis quelques mois déjà. Après pas mal de remixes et de maxis, on espère le finir avant la fin de l’année, on a déjà bien avancé mais c’est une façon différente de travailler par rapport à mon album, ce n’est pas la même recherche aussi. La démarche est toute autre, avec moins de directions, ce qui me ravit. C’est génial mais très différent d’un album solo.. La musique ne ressemble pas du tout à ce que je fais tout seul, mais c’est passionnant.

Tu sembles faire le pont entre une certaine tradition indie-dance (Weatherall, rave, baggy, etc) et la house française telle que la pratique Tekel, Remote ou Kill The Dj, on a l’impression qu’il existe une communauté d’esprit…

Je pense que la vague française électro que tu cites, le style indie dance, tous ces gens ont grandi avec, mais au delà de ça je pense surtout faire la connexion en terme de générations. J’ai commencé à travailler avec toute cette bande autour d’Ivan, des gens plus vieux que moi, et j’étais toujours le petit jeune, un peu entre deux eaux.. Mais j’ai du mal à m’inscrire dans une scène musicale, car contrairement à ces gens là je suis capable de faire un truc de house « pure », je sais pas, faut bien se situer quelque part mais je me suis occupé d’un label de deep house avec Jef K, j’ai sorti des trucs chez Catz n’ Dogz, j’aime la musique sous toutes ses formes. La scène que tu cites est très présente à Paris, après oui je dois certainement en faire partie mais je ne me résume pas à ça. J’espère bien faire le lien entre des genres différents. Je vis plutôt par cycles, je change, je m’influence par périodes, en tout cas ce que je ne veux pas c’est être dans une « tribu », être dépendant d’elle, j’ai toujours aimé la musique au sens large. Non justement, j’aimerais surtout m’enfermer dans la diversité, j’aimerais qu’on se souvienne de moi de cette manière !

 

Tim Paris_7_photo credit_ETIENNE BOISROND

 

 

 

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